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The Duppy Conquerors : Interview des Duppy Conquerors | - News du 08/11/2009 sur The Duppy Conquerors -
 | | A la fin du mois de juillet 2009, 2 membres des Duppy Conquerors ont accordé à votre serviteur une interview surprenante... Surprenante? en fait non, bien dans l'esprit de ce groupe hors du commun!
Snake : « Bonjour les Duppy Conquerors. Vous Vous présentez ? »
Simon-Pierre : « Bonjour, ben moi c’est Simon-Pierre, je suis en passe de devenir illustrateur et dessinateur si tout se passe bien, je croise les doigts, et donc la musique fait partie de l’un des arts que je pratique, et on va dire, enfin pour moi, c’est Pilou qui est un peu à l’origine de l’idée de ce groupe. Moi j’ai bien voulu le suivre jusqu’à maintenant parce que c’était une vraie occasion de faire de la zik et de m’améliorer à la guitare et au ukulélé…
Snake : « Tu fais quoi dans le groupe Simon ? »
Simon-Pierre : « ben à la base je suis un peu l’homme à tout faire, donc j’étais guitare d’accompagnement, donc jouettiste avec les […], les percussions sommaires, des casseroles des trucs comme ça et ensuite remplacé par Manu à la batterie, donc y’a quelques morceaux de nos débuts où j’ai crée les percussions, mais on a tout refilé à un batteur comme ça j’ai pu me pencher sur autre chose aussi...
Manu : « tous les morceaux qui sont écoutables sur MySpace, pas les vidéos hein, c’est Simon qui fait les enregistrements sur lesquelles où moi je les avais pas encore rejoints, donc c’est Simon qui fait les percus là-dessus, voire un métronome parce que je crois qu’il y a un morceau que vous avez enregistré où il y a une cuiller accrochée à un métronome comme ça qui tapait sur des casseroles (il fait le geste), et ça a complètement amélioré le métronome…
Simon-Pierre : « …Faut dire que je suis sûr que y’a plein de gens qui font comme ça, et c’est un peu le fruit de notre époque et des facilités qu’on a aujourd’hui à enregistrer, c’est que c’est un groupe qui, contrairement à moi qui trouve la normalité chez des musiciens, c’est de commencer à bosser et à tripper sur des machines en fait, commencer à enregistrer nos morceaux, c'est-à-dire qu’on les connaît pas, on les pratique, on les fait, on les enrichit avec des rythmes de guitare… Donc de la percu des trucs comme ça, si bien qu’on a commencé, en fait, par faire un album de le mener à bien parce qu’on nous proposait de faire un concert à Snake : « Ca c’est « Anarchie au pays » ? D’accord …»
Simon-Pierre : « C’est trop marrant, parce que tu vois c’est sur un délire comme ça qu’on est parti et disons que ca nous a foutu un coup de fouet, un coup d’inspiration nécessaire pour faire ça. C'est-à-dire que en 10 jours on a en registré tout ce qui nous passait par la tête, moi pendant ce temps là j’allais de mon côté sur mon ordinateur, je construisais la pochette d’album quoi, et Pilou donne un sens à tout en fait, vraiment.
Snake : « Vous êtes tous les deux, vous pouvez présenter les deux absents ?»
Manu : « Ouais on peut, (rires) bon parmi les deux absents, et en même temps c’est deux absents de marque, parce que en terme de création et d’idées c’est eux qui apportent quasiment tout. Donc y’a Pierre-Louis qui est au chant et à la guitare, sur les vidéos c’est le type qui fait deux mètres de haut qu’on remarque le plus, qui a une goule presque aussi grande que ses jambes, même un peu plus grande que ses jambes. Il est guitariste depuis qu’il a 13 ou 14 ans, il a toujours fait de la musique. Je l’ai rencontré quand j’étais en 6ème, on a fait une bonne partie de notre scolarité ensemble, et donc c’est un de mes potes d’enfance en fait, qui faisait déjà de la musique quand je l’ai connu. Il n’a jamais arrêté. On a eu, quand on était ados, avec un autre bonhomme qui vit au Brésil aujourd’hui, une espèce de petit groupe de rock, d’ados là, comme tous les ados qui font de la musique ont, ou rêvent d’avoir. Ca a jamais bien marché, j’étais à la basse, on a jamais fait de concert ni rien du tout. Donc y’a Pierre-Louis et y’a Quentin surnommé « le kid ». C’est de loin le plus jeune d’entre nous qui lui est au clavier. Lui, c’est le dernier frère d’une bonne fratrie, où y’a quatre enfants dans la famille, trois frangins et une petite dernière. Il a 22 ou 23 ans à tout casser. Il s’occupe de la partie clavier, lui aussi il a toujours fait de la musique, il a toujours fait du piano. Depuis qu’il est tout petit, il avait 6 ou 7 ans, il enregistrait déjà des petites chansons, des odes au Nutella, parce qu’il était hyper gourmand, des chansons de gamin de 7 ans. Et il n’a jamais arrêté de faire des chansons. Voilà à peu près qui on est… donc lui est en passe de devenir un grand réalisateur, il est dans une école de cinéma à Toulouse. Pierre-Louis est en passe de devenir un grand surveillant de lycée…
Snake : « Et donc Simon peut- être un futur dessinateur de bande dessinée… »
Simon-Pierre : « Il faut dire que dans notre groupe d’amis, on se connait tous depuis enfance, alors qu’on se côtoie pas forcément, moi je suis arrivé très tard dans le groupe des royannais parce que je suis bordelais en fait. On a tous une manière de pratiquer un peu tous les arts de manière hérétique en fait, tout ce qu’on veut, autant de la vidéo, de la BD, de la musique, moi j’ai aussi fait du théâtre, de manière décomplexée vraiment, donc en fait on a tous des univers très riches. C’est pour ça que maintenant non seulement on a une association, Super Cagouilles que tu connais, et on a tous, à force, après 10 ou 15 ans de ces pratiques là, des ambitions en fait, sorti de quelque chose qui est juste le plaisir de pratiquer des arts…voilà quand Quentin fait son Ode au Nutella, c’est plus fort que lui, c’est un jeu en fait ; donc ca part d’un jeu et ca devient de plus en plus sérieux dans nos vies, alors ça rajoute le fait qu’il faut bosser. Ce n’est pas qu’il faut qu’on soit irréprochable, mais tu vois, il faut qu’on soit professionnel de plus en plus, disons que tout ce qu’on entreprend maintenant : on est toujours aussi large, je dirais, même qu’il faut se restreindre un peu dans ce qu’on fait… Je trouve qu’on est toujours aussi large, mais qu’on tend vers le sérieux, en fait, toujours en gardant cette base de délire, d’imagination qu’on a tous, et d’humour aussi ; y’a quand même une partie d’humour dans tout ce qu’on fait, second degré…des fois ca va même un peu loin, on dépasse peut être les bornes mais justement on explore, et alors avec les Duppy Conquerors, c’est vraiment flagrant, ça part vraiment d’un délire : on a fait une petite reprise de reggae pour déconner, pour illustrer en fait un film du Quentin, et c’est sur ça qu’on s’est dit, ah bon, ben on va rejouer encore ensemble…
Snake : « Ca c’est le début des Duppy…. La rencontre elle s’est fait comment en fait entre vous quatre ? Parce que si je comprends bien toi (Manu), tu arrives après… »
Manu : « Ouais moi j’arrive en septembre dernier, septembre 2008, donc en fait la rencontre entre nous quatre ; ben Pierre-Louis et moi, on s’est rencontré en 6ème et depuis on est super amis, Quentin c’était le tout petit frère d’un type qu’était aussi avec nous en 6ème, Gabriel qui est trésorier de Super Cagouilles, qui lui est dessinateur-illustrateur. Donc il en a fait son métier, de ce fait on a connu son petit frère comme ça : nous on l’a vu grandir, on avait douze ans il en avait six ou sept, il faisait des petits films ; aussi, il faisait jouer la famille, les amis, les voisins et tout… et Simon, je ne sais pas comment on s’est rencontré...
Simon-Pierre : « En fait vous vous connaissez depuis bien plus longtemps, ensuite moi je vous ai découvert sur le tard, le premier que j’ai vraiment connu le plus c’est Pierre-Louis et ce n’était pas tout de suite, je l’ai côtoyé pendant quelques années avant qu’on devienne amis parce que c’est un mec, c’est impressionnant aussi, qui a une personnalité très forte….
Manu : « Ouais quelqu’un de prime abord pas très engageant … »
Simon-Pierre : « Donc voilà donc petit à petit on a renoué les liens, et c’est là en fait que je me suis retrouvé au bon endroit au bon moment, pour qu’on se mette à délirer sur l’idée qu’il faut un générique pour le film de Quentin alors on va faire une reprise. Pilou y va de son texte, il a un petit rythme de guitare qui traine dans un coin, pas bossa nova tu vois, mais un peu latino, quelque chose dans le genre. En plus on voulait y intégrer une sorte de faux reggae, enfin une reprise de reggae qu’on chantait en cœur, qu’on passait en boucle en fond comme une sorte de métronome. Ensuite on avait en tête d’autres petits délires, genre la reprise de « Anarchy in the UK », et voilà ça faisait deux morceaux tu vois, on était partis… »
Manu : « Ce qui est très drôle c’est que les Duppy, en fait, donc ça c’était bien avant que j’y arrive, l’idée ça a été de faire un groupe de reggae acoustique, ce qui a considérablement foiré et qui continue à bien rater aujourd’hui… pour mon plus grand plaisir parce que moi je joue pas du tout du reggae, plus du gros punk qui tache, et du coup ben voila ! C’est plus si reggae que ça, ce n’est pas du tout acoustique ! Tout à l’heure on parlait d’humour, de second degré, ben ça, ça en fait partie. De se dire : voila moi je ne suis pas arrivé en me disant cool je vais aller faire du punk, du reggae ou du sweet avec les Duppy… »
Simon-Pierre : « Ouais mais faut dire que c’est particulier parce que, Pierre-Louis, tu vois est une sorte de surdoué de l’archivage interplanétaire d’info en tout genre ! Enfin il a failli devenir prof d’histoire, il a une mémoire très très forte, et comme il est passionné de rock et de blues – et puis tout ce qui vient avant aussi – eh ben il a une banque de données de références immense. Ce qui fait que les Duppy, c’est le reflet de ça. C’est pour ça que c’est assez difficile de définir ce qu’on joue, on a dit reggae parce que, oui, le tout premier truc c’était un bout de reggae, mais en fait ça passe beaucoup par le folk, le blues, le rock et le psychédélique, tu vois… On grimpe comme ça, je me refais l’histoire du rock avec lui en fait… »
Manu : « En gros Pierre-Louis, c’est un type qui doit avoir chez lui, je sais pas… 1000 à 1200 disques, et il les connais tous par cœur. Il est capable de dire : sur celui-là, sur le 5eme morceau y’a une guest star machin, il te sort le nom du type… y’a machin qui joue dans ce groupe là mais que tu peux aussi retrouver dans celui-là… celui-ci c’est un bon disque, un truc obscur dont t’as jamais entendu parler, enfin t’aurais vu le cd tu l’aurais pas acheté, et sur celui là , ben je l’ai acheté mais en fait sur les 17 morceaux y’en a que deux qui valent le coup… Impressionnant quoi, et il décortique tout, il a une capacité d’analyse pour tout, pour la musique particulièrement… »
Simon-Pierre : « C’est quasi pathologique (rires) on peut le dire… mais bon pour la légende…»
Manu : « Ouais ça c’est à mettre dedans (rires) »
Simon-Pierre : Mais du coup, c’est pour ça que moi je ne peux pas m’empêcher de dire qu’il est l’âme du groupe. Tu sais, il soutient tout, il insuffle les choses, et c’est vrai que nous on a une part, il le réclame vachement de nous ça, il veut vraiment qu’on s’implique, ce n’est pas toujours très facile… »
Manu : « C’est le moteur du truc, c’est l’âme… »
Simon-Pierre : Et lui, vu qu’il ne peut pas s’empêcher de donner un sens à tout, il construit quelque chose bien avant que nous, on commence à le faire en fait. Du coup quand on commence à enregistrer un album on sait où ça va… »
Snake : « Alors j’avais une question sur la « Duppy’s touch »… finalement on peut dire que la touche c’est Pierre-Louis, enfin c’est lui qui l’amène ? Comment on la définit, comment elle émerge ?
Simon-Pierre : « Beaucoup de références en fait… »
Manu : « C’est marrant parce qu’on en a discuté tous les deux là y’a pas très longtemps et en fait donc, Pierre-Louis il vient clairement du rock blues, école Beatles et Rolling Stones… plus Beatles que Rolling Stones, tu vois, il décortique tellement tout qu’ il t’explique que c’est deux écoles différentes, et effectivement c’est le cas, les Stones, ils ont commencé par faire des reprises de standard Jimmy Waters et compagnie ; les Beatles ont pris les instruments, ils ont fait ce qu’ils pouvaient, ils l’ont super bien fait mais ils ont essayé de faire ce qu’ils pouvaient, donc…Pierre-Louis vient de ça, Quentin vient vachement du reggae, il a écouté des tonnes et des tonnes de reggae, Simon c’est plus rock métal pop, je me trompe non ? »
Simon-Pierre : « Ouais, ben au départ ce qui prédominait chez moi c’était surtout le rock voire métal, enfin de l’époque, des années 90… »
Manu : « …Et puis moi qui vient du rock et du punk beaucoup quoi, et même des trucs plus modernes, j’ai écouté des quantités de…de merdes quand j’étais adolescent…
Snake : « On l’a tous fait !... »
Manu : « Et bien non, je m’en aperçois quand j’en parle avec mes camarades des Duppy Conquerors, ils me disent : Qu’est-ce que c’est nul ton truc… Qu’est-ce que t’as été écouté des trucs pareils ! Et déjà ado, quand j’écoutais ça, Pierre-Louis me disais : C’est super-nul, comment tu peux écouter des merdes pareils ! Il m’a fallut des années pour me rendre compte qu’effectivement ce n’est pas terrible !... Par nostalgie, je réécoute un peu de temps en temps… Comme les Béruriers Noirs !
Donc la Duppy’s touch elle vient quand même un peu de tous les 4 après c’est vrai elle vient quand même beaucoup de Pierre Louis et de Quentin qui a un univers très particulier à lui dans lequel on va piocher assez régulièrement parce qu’il continue, il fait ses chansons, ses disques, il en est déjà à son 3ème disque tout seul, tu vois t’as pas de nouvelles de lui pendant trois mois et puis il revient en disant j’ai enregistré dix chansons, tout seul chez lui avec son petit clavier en toute simplicité, toute humilité. Par contre, Quentin il n’ose pas montrer ses chansons, il a vachement de mal, il est vraiment très timide et retranché, on va dire, et je pense que tous on estime ses chansons et on estime son talent. Il a une belle écriture pour les textes, il a un chouette doigté pour le clavier, il chante bien et tout. C’est un univers complètement déjanté, et du coup comme il n’ose pas montrer ses chansons, ben on va piocher de temps en temps, et en général il dit oui parce qu’il n’ose pas trop dire non »
Simon-Pierre :« Par exemple pour les albums, comme on est un peu splitté géographiquement, ben on dit par exemple à Quentin : la prochaine où on se voit à la session d’enregistrement, ben ça serait bien si tu pouvais ramener trois ou quatre morceaux. Il ramène les paroles et la « base squelettique » au clavier et c’est une émulation après : ça nous inspire tous quelque chose – c’est là où le combat est âpre des fois – et comme on vient tous d’univers différents, là commence le vrai travail. Face à Pilou qui est très carré dans sa tête, on essaie de faire intégrer nos choses, alors bon ce n’est pas si difficile, il suffit de les enregistrer et de voir si ca plait à tout le monde… mais des fois on doit aussi batailler avec les mots : moi je voudrais que le morceau tende un peu vers ça. Du coup c’est des gros sacs de nœuds….mais on est définitivement un peu plus rock-folk, axé sixties, seventies… Le métal il n’en est pas particulièrement question mais…
Manu :: « Ah non ! On a dit pas de métal ! (rires) »
Simon-Pierre : « Non, mais sur le dernier album, il y a ce morceau là… je ne me rappelle plus le titre (Il fredonne l’air…). C’est un morceau instrumental en fait… C’est comme une pause, une respiration dans l’album… En fait on fait une musique qui ressemble aux références qu’on emprunte, mais qui aussi est très personnelle… Elle est là, la « Duppy’s Touch » ! »
Manu : «Honnêtement c’est pas pour me la péter, enfin pour nous la péter, mais on a joué dans un espèce de mini festival privé à la fin du mois de mai, et pendant qu’on était en train de jouer – forcément t’es concentré sur ce que tu fais mais t’écoutes un peu tes camarades quand même – ça m’a vraiment frappé quoi, j’ai eu un moment ou je me suis dit : ce qu’on est en train de jouer là, dans tous les disques que j’ai chez moi, j’en ai pas trois milles mais j’en ai quand même, eh ben j’ai rien qui ressemble à ça. Et du coup, ben ça a été comme dans les bandes dessinées, la petite loupiotte qui s’allume là, dans la tête, ça m’a déconcentré, je me suis vautré sur mon morceau…. »
Simon-Pierre : « … du coup c’est redevenu très banal…» (Rires)
Manu : « … c’est redevenu très banal et tout ça, et voilà effectivement je ne sais pas d’où ca vient ce truc là mais moi je trouve que c’est des morceaux qui ressemblent pas à ce qu’on peut entendre ou ce qu’on peut avoir entendu. Ou si peut être c’est des choses qu’on a entendues, mais ca navigue tellement d’un morceau à l’autre qu’il ressemble pas du tout au précédent et qui ressemblera encore moins au suivant, qu’au final ca fait un univers assez étendu, riche et foisonnant. »
Simon-Pierre : « On parle du groupe là donc y’a vraiment des tonnes de choses à dire mais ca se verra sur les liens internet, on est un arbre avec des arborescences de toutes parts, et si tu prends un lien Duppy Conquerors, ben assurément tu vas te balader et tomber sur plein de sons étranges. C’est juste des potes à nous mais y’a une activité artistique assez conséquente et puis des gens qui aimeraient bien en faire leur métier aussi… parce que moi j’en suis là, ce n’est pas facile par les temps qui courent mais quelque part, c’est le tertiaire il n’est pas plus sujet à la crise que le reste, voilà ! Mes parents ont toujours eu peur que je me lance dans les arts, ben dernièrement ils m’ont dit ; ben écoute, on constate que même ouvrier, tu sais l’ouvrier qui cherche un métier pour toute sa vie, ben c’est plus possible, donc pour eux les arts finalement c’est vraiment une idée pas si bête, ça peut marcher oui, sur un malentendu on sait jamais »
Snake : « Pour revenir sur « House of the Rising Sun », donc le dernier album, auquel tu (Manu) participes… »
Manu : « Non plus ! Non, non ! »
Snake : « T’es arrivé après aussi ? »
Manu : « Ouais alors bon c’est vrai qu’on s’entend plutôt bien, on est juste entre nous, y’ ajuste deux-trois connards dans le groupe, ils m’ont pas appelé pour l’enregistrement, j’étais hyper vexé… »
Snake : « Deux-trois c’est….mouais (rires)… »
Manu : « On est quatre quand même, je tiens à préciser, non non… mais ouais effectivement moi j‘ai rejoint, enfin c’est ce que Simon expliquait tout à l’heure, en fait les disques, bizarrement à l’inverse de plein d’autres groupes, les disques sont arrivés avant tout le reste, avant les concerts, enfin pas le 2ème parce que y’en a eu entre temps, mais c’était à peu près ça et du coup… »
Simon-Pierre : « Je crois qu’on peut dire même que ca s’entend sur les albums, parce que du coup c’est plein de fautes que d’aucun trouverait charmantes si tu veux, qui nous, à force d’entendre et réentendre les morceaux… Enfin moi, ça m’exaspère un peu d’entendre les fautes de métrique ou de rythmique tout simplement… »
Manu : « Mais du coup c’est vrai que cette année, enfin depuis septembre – bon en fait y’a l’éclatement géographique qui joue aussi : Pierre Louis et moi on habite ici, Simon est à Bordeaux, Quentin est à Toulouse – c’est un peu compliqué, mais Pierre Louis et moi on répète une à deux fois par semaine depuis le mois de septembre, et en fait du coup ça a concentré le travail des Duppy Conquerors sur le concert, disons… »
Simon-Pierre : « On a pas mal rattrapé, on est en phase maintenant, on est un groupe qui joue ensemble… »
Manu : «Déjà il a fallu bosser pour inclure un quatrième membre, qui existait pas auparavant, et puis l’objectif était clair quoi, c’était de se dire le but du jeu c’est de faire des concerts, le plus possible… »
Simon-Pierre : « C’est comme ca que ca marche la musique ouais… »
Manu : « De toute façon y’ a un moment donné ou il faut se confronter aux gens… »
Simon-Pierre : Le but d’un musicien, ce n’est pas de vendre des rondelles, pour moi c’est ça ma philosophie : un groupe, tout artiste si c’est du spectacle vivant, doit jouer un point c’est tout, c’est à chaque concert… Mais les rondelles, les CDs qu’on fait c’est des délires techniques en fait, comme d’autres pourraient créer des morceaux avec des boucles et des samplers, tout ça. Finalement c’est un peu la même chose vu qu’on rajoute des pistes sur des pistes, c’est un exercice en soi qu’est super dur, ça nous a permis d’avoir 40 compos, ça permet d’avoir un set de deux fois 45 minutes… On l’a déjà fait, quand on arrive au bout on a plus de voix, on a plus de mains, on a plus rien, mais c’est génial on peut se diversifier vachement, tout ça grâce a un travail très condensé, en fait, sur le début. Tu vois, les deux premiers albums, on a fait deux albums, et y’avait deux concerts à cette époque là, maintenant on est hyper large pendant un bon moment… Mais je crois qu’on s’éloigne un peu du sujet…qu’est ce que tu voulais demander ? »
Snake : « Sur le 2ème album, la présence de Ben Laden sur la pochette ça surprend quand même…? »
Simon-Pierre : « ben tu sais ce qu’il y a sur le premier album ? Les Beatles nous ont honteusement plagié la pochette d’ailleurs ! En fait sur le premier album, ben y’avait pas encore Manu, donc y’avait nos trois visages, et en bas, à la place de Ringo Star c’est Sarkozy en fait… avec une perruque de Ringo Star, et chacun donnera son sens : Pilou en donnera un assurément, mais bon ça fait partie du type d’humour qu’on fait, qui je trouve dépasse les bornes même si y’ a pas mort d’homme et tout ça. Ben Laden c’est exactement la même chose vu que c’est moi qui me colle à la conception des CDs, inutile de dire que j’ai écouté pendant deux ou trois heures Pilou qui me racontait l’album qu’on avait enregistré « House of the Rising Sun », et quand on a parlé de la pochette il avait aussi parfaitement en tête exactement ce qu’il voulait sur la pochette, il voulait Ben Laden : il voulait encore rajouter une dose de lourd… »
Snake : « Oui c’est de la provocation… »
Simon-Pierre : « Oui déjà parce que sur le premier y’avait Sarkozy, parce qu’on a enregistré dans la période des élections de Sarkozy, faut bien le rappeler. D’ailleurs dedans il y a des sketches qui en parlent clairement ! Sur Ben Laden, c’était encore rajouter un type qui… le sens de ça si tu veux c’est de rajouter un prophète des temps modernes, et le jugement qu’on émet, enfin on est pas obligé de le dire mais enfin personnellement, l’idée c’est qu’on met un prophète : Sarkozy et Ben Laden , c’est des prophètes mais du côté obscur on peut dire quelque part ! Bon enfin voilà personnellement je les aime pas ces gens là , ca me faisait très chier de mettre encore un connard sur la pochette, j’ai dit à Pilou « arrête, tu veux qu’on se tire une balle dans le pied ? », alors le truc c’est que Pilou il a vraiment tous les arguments, il a effectivement dit et c’est vrai que ca s’entend dans l’album, ca se décrypte qu’on parle de ca, de cette prophétisation débile, on parle vraiment de ça dans « Under the Sun of Satan »…
Snake : « Oui c’est le titre d’un film de Pialat… »
Manu : « enfin c’est de la provocation mais ca s’arrête pas qu’à l’image, tu vois le titre de la chanson « hôtel Al-Qaïda », petit clin d’œil a « Hotel California », et au final tout ca, ca reste une vaste connerie tu vois, une plaisanterie des gars qu’on trente ans mais qu’en ont toujours quinze … »
Simon-Pierre : « oui enfin on espère juste, moi personnellement j’espère que ca sera pas mal pris, c’est ca le truc…. »
Manu : « Dans l’album y’a des montages photos où je nous ai mis dans des scènes de la vie de tous les jours avec Ben Laden, tu vois ca va loin la connerie… »
Snake : « Oui elles sont sur MySpace… »
Simon-Pierre : « Moi j’espère que c’est pas mal pris quoi »
Snake : « Oui ça pose question… »
Manu : « Honnêtement il m’a fallu vachement longtemps, j’ai montré le MySpace des Duppy Conquerors à mes parents y’a de ça trois semaines… »
Simon-Pierre : « J’ai montré ca a ma famille et pour finir a des oncles et tantes et ben je me suis fait engueulé, parce que visiblement ces générations là, qui sont donc la quarantaine, la cinquantaine, ca les fait pas du tout rire en fait ; c’est peut-être la ou on voit que y’a une différence par rapport a nos générations, c’est que eux vraiment en bloc ils trouvent que c’est un sujet duquel… »
Manu : « Non je ne sais pas si c’est générationnel, parce que même des gens de notre âge, il y a plein de gens que ca ferait pas rire quoi mais c’est un peu le cote flagrant délire à la Desproges : oui on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ! Voila, c’est juste ça…»
Simon-Pierre : « Mais en fait moi qui suis assez inquiet de nature, pour contrecarrer un peu ce que tu viens de dire, en fait, je l’ai montré a plein de gens de mon âge, mes amis et quelques inconnus et franchement, ils comprenaient l’humour… »
Manu : « Oui mais parce que ce sont des amis et que du coup tu t’entoures de gens qui te ressemblent et avec qui t’as des atomes crochus et des manières similaires de penser et de voir les choses… Quand tu le montres a de parfaits inconnus… »
Simon-Pierre : « La question c’est quel sera le prochain connard sur notre prochain album ? Voila la vraie question »
Manu : « ben on n’a pas encore la réponse… mais il est d’actualité qu’on va s’y remettre là un de ces jours à enregistrer des musiques, Pierre Louis a encore des tonnes de concepts super marrants à utiliser, on y pense en ce moment à faire un nouvel album ; de toute façon on va réussir à se rejoindre suffisamment, a mon avis le boulot va ressembler a celui d’avant… »
Snake : « Quentin est à Toulouse, et d’après ce que j’ai pu comprendre, tu pars dans une école à Strasbourg, un éloignement supplémentaire… Donc comment se retrouver autour d’un nouvel album ?»
Simon-Pierre : « ben un peu comme d’hab. Parce que de toute façon on se voit pas si souvent que ca en fait, donc ce rythme là on l’a déjà en fait de se voir pas souvent ; ensuite moi c’est un truc que moi je me garde bien par exemple de dire à mes profs a Strasbourg, de dire que j’ai un groupe et que je l’abandonnerai pas…parce que ca ils n’aiment pas trop mon coté pluridisciplinaire, ca leur fait peur, ils ont peur que j’abandonne leur école en cours…. »
Manu : « En même temps quand on ira jouer au stade de France faudra envisager la question … »
Simon-Pierre : « Non mais ce qui va se passer, c’est que voila on va se revoir par phase, par exemple cette année entre noël et le premier de l’an, on était en répet’ intensive… »
Manu : « En fait on a toujours fonctionné comme ca c’est vrai, à chaque concert, comme on est éloigné, donc Pierre louis et moi pouvons répéter une à deux fois par semaine, Quentin et Simon étant loin, à chaque fois qu’on sait qu’on a un concert, c’est prévu genre un mois ou deux avant. On s’est toujours donné les moyens de se retrouver trois jours minimum avant le concert pour boucler le truc, répéter, s’organiser…y’a un petit coté résidence d’artistes ou t’as ce processus créatif qui s’installe pendant un temps donné, dans un endroit donné… »
Simon-Pierre : « Et pour l’enregistrement d’un album, c’est pareil, on est les uns chez les autres, et dès le matin on enregistre le riff dont on parlait la veille... »
Manu : « Donc au final c’est vrai que ca sera compliqué encore mais pas plus… »
Simon-Pierre : « Moi je reste ouvert a toutes les possibilités, c’est vrai que la musique, moi ca m’a surpris par exemple que cette année, on aille faire beaucoup plus de concerts, c’est cool… parce qu’en fait, si y’en a un qui veut faire de la musique sa vie, c’est Pilou avant tout. Quentin a le cinéma, moi j’ai la bd et l’illustration, théâtre, tout le reste, toi l’animation…donc moi c’est vrai que je reste ouvert à l’éventualité que la musique me demande plus d’investissement , je m’y préparerai… c’est vrai que la déjà je suis étonné qu’on ait fait autant de concerts, ca me fait plaisir, ca commence a tourner, qu’on ressemble vraiment a un groupe qui joue ensemble, d’un autre cote je prépare aussi mes arrières parce que j’aime tous les arts, enfin tous ceux que je pratique et je suis pas prêt d’arrêter…j’aimerais bien qu’il y ait quelque chose qui sorte un peu du lot … »
Snake : « Ben merci le gars… »
Manu : « C’est déjà la fin ? (Rires).»
Simon-Pierre : « C’est fini… merci ! »
Snake : « Merci à vous ! »
Liens utile :
Sur MySpace
L'association "Super-Cagouille"
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